«Murailles de Chine»
«Walls of China»
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La Chine détruit, construit, étend ses réseaux urbains et pose leur filet sur la campagne, créant de nouvelles parcelles, courettes, esplanades, un nouveau damier, de pierre et de brique celui-ci, sur le vert de la terre et installant des murs, beaucoup de murs.
Ces murs sont parfois ébréchés, béant, parfois campés autour de terrains vagues, seuls, attendant leur raison d'être On installe d'abord les murs, on quadrille le territoire, avant de lui attribuer ses nouvelles fonctions. On crée des passages, sans trop savoir vers quoi encore, mais il faut pouvoir passer C'est ce qui m'a frappée dans le quartier de Kunming où j'ai vécu de septembre 2006 à janvier 2008, une zone périphérique en train de se faire absorber par la ville, un village en train d'acquérir, à grande vitesse, le statut de « banlieue ». J'ai été dessiner ces murs et ces angles nouveaux, en petit sur papier kraft d'abord (27x39cm), puis en plus grand, à la peinture (80x110cm), ce qui n'a pas manqué d'ajouter un peu de piment à la curiosité des locaux, habitués à cracher sur ces rues, à y déverser des seaux d'ordures, à en remuer la poussière à grands tours de roues de vélo ou de camion, certainement pas à s'y asseoir au milieu d'un cercle de pots et de chiffons J'ai presque appelé cette série « Bocage », parce que c'est aussi une forme de remembrement qui se joue, où les parcelles agricoles sont progressivement envahies par des éléments industriels, créant, à mes yeux, un tissage de vert et d'ocres, un environnement où toujours la nature semble encore surgir de quelque part, entre deux pierres ou deux allées bétonnées. Bocage aussi parce que c'est un espace qui se divise et s'organise de façon « artisanale », à petites échelles, où chacun s'approprie son petit bout de terrain et le transforme à sa guise, sans se préoccuper trop d'un plan d'urbanisme global. Je le vois comme un espace presque intérieur, où l'on passe d'un couloir à une antichambre, où le regard est plus ramené au sol et aux angles, qu'à l'horizon. Les murs ramènent au sol, encadrent, dirigent, créent des parcours obligés, et c'est peut-être ça qui me saisit dans ce paysage de banlieue chinoise. Un jeu entre la planification et l'anarchie, l'ordre et le désordre, le contrôle et la liberté. Avec des règles différentes des nôtres, probablement |
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China destroys, constructs, stretches its urban networks, and lays their nets on the countryside, creating new parcels, yards, esplanades, a new square pattern, this one made of stone and brick, over the earth's green and setting up walls, lots of walls.
These walls are sometimes chipped, gaping, sometimes established around waste ground, isolated, awaiting a reason to be Walls are first set up, the territory is squared, before being attributed its new functions. Passages are created, one doesn't really know where to yet, but one must be able to go through This is what stroke me in the area of Kunming where I lived from September 2006 to January 2008, an outlying zone being absorbed by the city, a village in the process of acquiring, at a high speed, the status of «suburb». I went out to draw these walls and these new angles, first small scale on brown paper (27x39cm), then painting on a larger scale (80x110cm), which didn't fail to stir up the locals' curiosity, those being used to spitting on these streets, to dumping buckets of rubbish on them, to swirling up their dust through intense bike and truck wheeling, certainly not to sitting down on them in a circle of jars and rags I almost called this series «Bocage»*, as it is also a form of rural landscape rearranging that is happening, where agricultural parcels are progressively invaded by industrial elements, creating, in my eyes, a weaving of green and ochre, an environment where nature still seems to always spring up from somewhere, between two stones or two concrete lanes. Bocage also because it is a space that is divided and organized in an «artisanal»** way, on small scales, where everyone appropriates their own little piece of land and transforms it as they please, without being too concerned with any global urbanism plan. I see it as a nearly interior space, where one moves from a corridor to a vestibule, where one's look is lead to the ground and angles, more than to the horizon. Walls lead to the ground, they frame, steer, create necessary courses, and this might be what affects me in this Chinese suburban landscape. A play between planning and anarchy, order and disorder, control and liberty. With different rules from ours, likely enough *«bocage» or «copse landscape», a terrain of mixed woodland and pasture, in opposition to open field landscape **«artisanal», or simple, hand-operated, in opposition to industrial |
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